dimanche 18 septembre 2011

Beast cops


Parmi le grand nombre de films qui traitent des rapports entre les triades et la police, Beast cops est l’un des plus intéressants. L’époque était aux Young and dangerous produits par Wong Jing avec cette idée que passé la rétrocession, tout changerait pour l’inconnu le plus total. Avec Wong Jing, c’est surtout la démagogie la plus totale et une valorisation des « frères » des triades. La réplique est venue de cinéastes estimables, Johnnie To ou Dante Lam pour ce film écrit et co-réalisé par Gordon Chan.

Le film s’ouvre sur frère Tung (Anthony Wong), un joueur compulsif et en conséquence un homme qui perd tout son argent aux jeux. Il cherche à taxer Big Brother (Roy Cheung), le patron de la boîte, il veut continuer à jouer. L’alcool coule à flots et les putes se font acheter des verres hors de prix. Le système est bien rodé et Tung est à fond dedans. Seulement voilà, Tung est flic, honnête mais qui fréquente des lieux qu’il ne devrait pas. Il n’a jamais été acheté mais il connait Big Brother depuis toujours (on saura à la fin où ils se sont rencontrés).

Tung bosse essentiellement avec Sam (Sam Lee), un grand maigrichon avec qui il va souvent au bar de Big Brother. Sam est un séducteur né malgré son physique particulier. Les deux gars sont colocataires d’un appartement miteux, mal rangé dans un quartier populaire. Ils vont devoir héberger Michael Cheung (Michael Wong), leur nouveau supérieur hiérarchique qui est surnommé « killer king », car il n’hésite jamais à tirer pour se défendre, y compris sur des collègues pris en otage pour ensuite abattre le malfrat. C’est un dur, c’est surtout Michael Wong qui sort, à la Van Damme, des phrases en anglais dans ses dialogues. L’acteur n’a jamais été très bon mais il est ici parfait dans son état d’hébétude devant l’univers de Tung et Sam. Il s’installe dans le taudis des deux hommes, bien malgré lui.

Un événement va se produire et il va changer la donne dans la vie somme toute tranquille de ces flics. Big Brother doit quitter le pays, avec le soutien de Tung, après la mort d’un malfrat. Il laisse son karaoké à Tai (Arthur Wong) et à Wa (Patrick Tam), ses fidèles bras droits. Wa en veut plus, toujours plus et commence à se voir chef à la place du chef. Il se met à surveiller Yoyo (Kathy Chow), la fiancée de Big Brother. Pendant l’absence de son mec, elle a découvert Cheung et ils flirtent ensemble. Le secret n’est pas bien gardé, Cheung commence à prendre l’habitude de venir au cabaret de Big Brother, tout comme Tung et Sam.

Mais les moments d’action sont très brefs (si ce n’est dans le final), c’est ce qui séduit. Plus encore, tout est dans un flottement comme si les personnages ne pouvaient de se résoudre à être des flics qui luttent contre les triades. Comme chez Johnnie To à partir de The Mission, les moments de creux, les discussions, l’attente et les verres que l’on boit sont plus importants que l’action et les coups de feu. L’appartement des trois flics et la boite de Big Brother sont les lieux uniques du film. Les personnages naviguent entre les deux lieux et finissent presque par ne plus enquêter sur quoi que ce soit, jusqu’à ce que Wa devienne trop menaçant. On voit aussi les personnages s’adresser directement à la caméra pour parler d’eux. Tout cela transforme Beast cops en une comédie plaisante alors que le titre laisse penser à un film d’action pur et dur.

Beast cops (野獸刑警, Hong Kong, 1998) Un film de Dante Lam et Gordon Chan avec Anthony Wong, Michael Wong, Roy Cheung, Kathy Chow, Sam Lee, Patrick Tam, Stephanie Che, Kam Kong, Arthur Wong, Michael Lui, Daisy Woo, Terence Tsui, Sung Boon-chung.

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