dimanche 22 juillet 2007

Police story et Police story 2

Je me rappelle un dimanche soir le Masque et la plume sur France Inter. Les critiques devaient parler d’un film chinois d’arts martiaux (sans doute Le Secret des poignards volants de Zhang Yimou). Certains y ventaient la beauté des combats (les cons !) quand tout à coup, sans crier gare, Jean-Marc Lalanne s’est mis à dire qu’il y avait plus de beaux combats dans n’importe quel film de Jackie Chan que dans le film de Zhang. Bien entendu, les autres se sont moqués de lui, mais Lalanne avait raison.

Il faut dire que Jackie Chan n’a pas eu de chance en France. Ses films étaient amputés parfois de plus de vingt minutes comme ces deux Police story. Il n’est pas étonnant à ce compte là, qu’un gribouille comme Jean Tulard juge sévèrement les scénarios des films de Jackie Chan et qu’il n’y voit que la force des combats. René Château a tout fait pour (et cette sale habitude continue encore : on se rappelle les 20 minutes de moins pour Shaolin soccer). Quand on pense que le cinéma hongkongais, et plus encore la comédie cantonaise, était sans aucun doute, le meilleur cinéma d’Asie dans les années 1980 (honnêtement, en comparaison du cinéma japonais à cette époque, cela apparaît comme une évidence voire un fait). Chan travaillait alors pour la Golden Harvest, comme Sammo Hung et Tsui Hark, entre autres.


Jackie va passer toute la durée des films à faire en sorte que les actrices restent en vie. Dans Police story, c’est Brigitte Lin qui est menacée. Elle est la secrétaire d’un homme d’affaire véreux qui veut la liquider. Dans Police story 2, c’est Maggie Cheung qui est menacée par le même homme d’affaire. Jackie l’avait mis en prison à la fin du N°1, mais il sort trois ans plus tard et sa vengeance sera terrible.

La franchise Police story, c’est Jackie Chan qui joue le petit flic face aux grands méchants. Le flic Hong Kong d’en bas qui est amoureux d’un jolie fille (Maggie Cheung en Jackie Chan girl, autant dire une potiche, pas encore la star vénérée d’aujourd’hui marquée par le cinéma Wong Kar-wai mais plutôt l’ancienne Miss Hong Kong).


Jackie a des problèmes avec sa hiérarchie. Tant de problèmes qu’il se voit obligé de travailler pour elle après avoir donné sa démission. Il a ainsi les mains libres pour foutre des roustes aux méchants. Et il ne se gène pas pour balancer contre les murs les femmes aussi. D’ailleurs, les femmes ne sont pas en reste pour la castagne (voir la scène d’interrogatoire d’un vendeur de dynamites). Un film de Jackie Chan, c’est d’abord détruire le décor dans lequel se déroule la séquence. Une idée absolue et radicale d’aller jusqu’au bout du cinéma : une fois le décor détruit, il est impossible de revenir en arrière. Dans Police story, Jackie Chan rase tout un bidonville : impressionnante scène avec de nombreux figurants qui courent dans tous les sens et une voiture fonce au milieu du tas. Dans Police story 2, il s’agir de détruire une usine entière, mais auparavant de visiter chaque recoin et de se balancer chaque objet qui se trouve devant les mains de protagonistes. Bien entendu, plus l’objet est gros, plus c’est excitant pour le spectateur.


Jackie Chan est un grand metteur en scène. Il suffit de voir la belle scène de filature au milieu du N°2, morceau de bravoure de mise en place. Il joue sur le registre de l’humour (Notamment autour des lunettes d’un méchant, gag récurrent prenant sa source dans le N°1. Belle scène avec des téléphones dans le N°1), de la grivoiserie (Brigitte Lin face à Jackie) du suspense (la ceinture d’explosifs), de l’ambiance (une étrange paranoïa) avec la même conviction. Le N°2 permet de voir Lau Ching-wan dans une de ses toutes premières figurations. Le plus ennuyeux reste la musique, éternel problème du cinéma hongkongais. Mais c’est un détail à côté du génie de l’évidence de Jackie Chan.

Jean Dorel

Police story (警察故事, Hong Kong, 1985) Un film de Jackie Chan avec Maggie Cheung, Brigitte Lin, Lam Kok-hung, Mars, Bill Tung et Jackie Chan

Police story part 2 (警察故事續集, Hong Kong, 1988) Un film de Jackie Chan avec Maggie Cheung Lam Kok-hung, Mars, Bill Tung et Jackie Chan

PS : Je crois que le N°2 est largement supérieur au N°1.

3 commentaires:

Seb a dit…

"le meilleur cinéma d’Asie dans les années 1980 (honnêtement, en comparaison du cinéma japonais à cette époque, cela apparaît comme une évidence voire un fait)."

Je vois que Monsieur fait dans la nuance :-) Pourquoi cette comparaison ?

Jean Dorel a dit…

Parce que le cinéma japonais était en crise à cette époque et qu'aujourd'hui c'est le cinéma cantonais qui l'est et non plus le cinéma japonais

Tampopo a dit…

Y'a des supers films dans les années 80. Mais encore faudrait-il pouvoir tous les voir...